« Papa m'a dit qu'il partait faire son devoir de français ». 

 

Plus de soixante ans après, Gérard Champeval se rappelle encore, de la tragique disparition de son père, A l'heure du salon de la mémoire et de la déportation qui a lieu le 17 et 18 novembre à Périgueux, ce septuagénaire, a voulu délivrer son émouvant témoignage sur sa condition de fils de fusillé.  

À la libération de Périgueux, alors que l'atmosphère est toute dédiée à la fête, ce Terrassonais apprend que son père" a été  « massacré» le 16 août 1944 par la sinistre division Das Reich.  

Dénoncé par des collaborateurs ce résistant a été torturé, puis fusillé en compagnie, de seize autres de ses camarades au lieu-dit, «La Roquette» sur la commune d'Eyliac. Membre du groupe « Mercedès» des Forces  Françaises de l'Intérieur (FFI) de Roger Ranoux, il laisse une femme et six enfants sans ressource.  

À sept ans, c'est, un vrai traumatisme «J'étais meurtri dans ma chair; mais la vie continuait» confie ce retraité de la SNCF. Pupille de la Nation, Gérard Champeval obtient son certificat d'études tout en encaissant les quolibets des autres enfants qui lui reprochent d'être nourri par l'État.

«Grâce aux sacrifices de ma mère et à l'aide de mon tuteur, le secrétaire général des anciens combattants de la Dordogne d'alors, j'ai reçu' une très bonne éducation. Cela m'a permis de faire face. C'était une vraie école de la  vie : « on comprend mieux les choses».

Chaque année ce Terrassonais· commémore le sacrifice de son père en se rendant à la stèle dédiée aux victimes de la barbarie nazie d'Eyliac. Vice-président et porte-dra­peau des fils de tués de la Dordogne, Gérard Champeval déplore le manque d'instruction civique à l'école et met tout oeuvre pour que le souvenir de ces combattants de la liberté ne s'évapore pas.  

« Il y a encore trop d'innocents qui meurent dans les différents conflits à travers le monde, j’espère que le salon de la mémoire de Périgueux permettra à ceux qui ont connu celte terrible époque de se rafraichir la mémoire et aux nouvelles générations de rester vigilantes devant la montée des extrémistes de tout bord ».  

John Dumoutier, La Dordogne Libre