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Science, Ethique et Morale 

par Jean Desmarès Président honoraire de la Fédération  

Comme le dit le philosophe, le progrès des sciences n'a pas de signification éthique !

La physique n'est pas plus morale que les mathématiques seraient immorales : elles restent moralement neutres. Le chercheur n'a qu'un but : découvrir ce qu'il cherche Moralement neutres, elles le sont parce qu'elles décrivent des faits et constituent des "objets" eux-mêmes moralement neutres.La biologie, comme science, décrit et constate… et reste vrai le principe que … "tout ce qui peut se faire finira bien un jour par se faire." 

En réalité, la Biologie est la science qui suscite le plus d'interrogations éthiques. 
Les mathématiques et la physique traitent des idées et de la nature, c'est à dire de ce qui est extérieur à l'Homme alors que la biologie traite de ce que l'homme connaît de lui-même. 
Prétendre découvrir l'homme lui-même implique immédiatement une posture éthique. Il faut simplement admettre que les décisions éthiques ou morales ne relèvent  pas de la méthode scientifique. Elles appartiennent à ce que l'esprit humain se pose comme question existentielle :
Qu'est-ce que l'homme ?
L'homme n'a pas de définition et ne peut s'en reconnaître la moindre, car seuls les "objets" sont définis !
L'homme porte la marque de ce qui ne peut s'appréhender, à l'image de l'incompréhensible et l'homme demeure inaccessible à lui-même : il est mystère !
Il ne ressemble à rien sinon à son Créateur, l'incompréhensible par définition, si l'on considère que seuls les "objets" qui nous entourent portent une définition ! 
- Casser un noyau d'atome est un acte scientifique moralement neutre… mais l'utilisation que l'on peut en faire obéit à des règles non scientifiques d'éthique et /ou de morale que l'homme se fixe individuellement ou collectivement  et qu'il se doit (en principe !) de respecter. 

La vraie question posée par la Biologie est de savoir si nous pouvons rester des hommes en nous faisant devenir des objets pour nous-mêmes.
La réussite de la science,  le prestige des découvertes récentes de clonage animal ne peut, ni ne doit, franchir ce qui est le mystère de l'homme au sein de la Création.
L'homme des temps anciens qui un jour a vu le monde, a perçu le mystère qui était en lui et hors de lui et ne comprenait pas ce qui l'entourait.
Il a regardé ce monde qui lui faisait peur puis, petit à petit, au fil des siècles, a compris la puissance et les lois de l'univers. Ces lois s'imposaient à lui… mais, se demandait-il, "qui" ou "quoi" était à la source de cette fabuleuse puissance, qui était le Créateur ? 

Alors, se succédant à lui-même au fil des générations, apte à l'apprentissage et capable de mémoire, passant du mystère à la croyance avec le culte des Morts, adoptant des symboles et à partir de cette croyance trouvant le chemin de la Foi, l'Homme a découvert que s'il n'était pas ce Créateur qu'il ne comprenait pas, il était un reflet, une image de ce Dieu qui possédait le Verbe, la parole créatrice. 
"Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu"  (Jean -1)

 L'homme se pose depuis toujours le problème de sa vie, de sa mort et du passage vers… l'autre rivage du STYX!

L'humanité, dans les dolmens et les pyramides, comme dans les monuments aux morts de nos villages a voulu laisser une trace de sa présence fugitive à l'échelle de l'Univers.

Il a même élevé des statues, des églises et des temples pour honorer ses Dieux et calmer ses peurs et ses angoisses… et rien n'a véritablement changé car aujourd'hui, derrière le "scientisme" actuel qui veut tout expliquer, le mystère de l'homme demeure. 

En rappelant dans ce journal ce que fut la vie, la mort et le sacrifice de nos Pères nous ne faisons que rester fidèles à une tradition millénaire. Poser la question de l'immortalité, c'est en fait poser le problème de la transmission de générations en générations de ce que la vie si courte a appris à l'homme - et combien courte fut la vie de nos Pères.L'homme qui ne veut pas mourir - et qui mourra un jour - se survit par sa descendance et une partie de son esprit devient ainsi immortelle.Nous ne faisons que transmettre ce que nous avons reçu dans notre jeunesse comme dépôt sacré. C'est cela qui fait la noblesse de notre témoignage et nous voulons à notre tour passer le témoin.                                                                        

On pourra expliquer le monde, démontrer un jour la création de l'univers mais nous ne pourrons jamais expliquer le mystère de l'homme "construit" à l'image de son Créateur.  

Ou alors, si nous pouvons un jour construire un homme, c'est à dire un "objet", nous ne serons plus des hommes  

Ne faisons pas descendre Dieu du Parnasse et ne déifions pas l'homme !