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Ils sont venus,  ils étaient tous là ! Enfin ce n’était pas pour la Coupe du Monde de Rugby ! Mais comme tous les 10 ans, Paris accueillait le Congrès de la Fédération Nationale des Fils  des Morts pour la France « Les Fils des Tués ».
 
C’est sous un ciel intensément bleu d’une belle sonate d’automne ensoleillé que le grand rendez-vous  annuel a été fêté en même temps que le 80ème anniversaire de la fondation de la Fédération créée en 1927. Certes, les fondateurs nous ont quitté : ils s’appelaient Paul Mathèly, Georges Bénard,  Jean Thiry mais de nouvelles générations ont pris le relais pour perpétuer le mouvement « Orphelins de Guerre » et « Fils de Tués » né dans notre pays et défendre les droits des Orphelins de Guerre solennellement affirmés par Georges Clémenceau.
 
C’est donc 80 années de fidélité intacte qu’a voulu témoigner la Fédération durant ce 73ème Congrès National. Nous étions réunis pour rendre hommage à nos grands-pères, et pères qui se sont sacrifiés avec courage et loyauté unis dans la même souffrance ignorant la peur et l’égoïsme pour défendre la Patrie en danger et cette Liberté dont nous jouissons aujourd’hui.
 
J’ai alors pris conscience  que la France a uni ses enfants au delà des croyances, au delà des conditions pour reprendre les termes du message adressé au Congrès par M. Alain Marleix, Secrétaire d’Etat à la Défense charge des Anciens Combattants et Victimes de Guerre. J’ai compris que c’est bien plus qu’une célébration officielle mais un devoir national pour les Orphelins de Guerre et Pupilles de la Nation encore présents et ce sans discrimination, ces Fils et ces Filles des Morts pour la France, que de participer à ce grand rassemblement annuel. C’était aussi pour moi, pour mon premier congrès, de vivre dans cette mêlée de cérémonies du souvenir une expérience riche de contacts humains et d’amitié partagée avec congressistes venant des 4 coins de la France  créant un formidable tissu relationnel.
 
En ouverture du Congrès  le Président Fédéral Jean Lavignasse a lu la lettre adressée par le Président de la République  Nicolas Sarkozy témoignant de sa solidarité et soulignant l’intérêt national de cet hommage exceptionnel.
 
En dehors des séances de travail du Conseil Fédéral autour des comptes-rendus des divers rapports des commissions, de l’élection des nouveaux membres du Conseil Fédéral et une table ronde en présence de Jean Desmarès, Président Honoraire de la Fédération  et de Jean-Daniel Nessmann, l’ambiance se révélait plus détendue, plus conviviale au cours des repas festifs et animés. Auparavant, un office religieux très sobre  s’était déroulé en l’église Saint-Germain de Charonne singulière mais adorable sur son tertre, une des plus vieilles églises de la capitale datant du 12ème siècle à posséder son cimetière de campagne.
 
Il y a eu aussi l’incontournable photo de groupe sur l’escalier d’honneur de la Mairie du 20ème sous l’oeil vigilant de la statue de cire de Gambetta, un des fondateurs de la 3ème République.
 
Pour accentuer le caractère officiel de l’événement, des personnalités choisies ont honoré  de leur présence et de leur discours, dans la magnifique salle des Fêtes de la Mairie du 20ème qui a chaleureusement ouvert ses portes  pour la séance de clôture du Congrès.
  
On a pu ainsi entendre le Préfet M. Riffaut, directeur du Cabinet du Secrétaire d’Etat à la Défense, le Directeur Général de l’ONACVG Monsieur Beoutis représentant M. Emfrun, le Général Lasnie- Lachaize représentant du Maire de Paris, M. Serge Cours Vice-Président de l’UFAC, M. Jean-Louis Delpuech  directeur de ONACVG Paris et le Général Jean Combette Président du Comité de la Flamme qui a surpris l’assemblée en l’invitant à chanter « le Chant du Départ » ! Bien entendu, toutes le commémorations ont été accompagnées d’une vibrante Marseillaise comme lors du dépôt des gerbes sur la tombe du Soldat Inconnu  et de la cérémonie très émouvante du ravivage de la Flamme.
 
L’émotion atteignit son paroscysme quand dans un silence absolu a retenti la Sonnerie aux Morts sous les voûtes de l’Arc de Triomphe en présence de porte-drapeaux dont Yves Ropars pour le drapeau de la Fédération. Le profond recueillement de l’assistance mais aussi de nombreux touristes, badauds et curieux faisait oublier la fièvre de la capitale. Et grand  était venu le moment de nous séparer la sympathique fanfare d’Airaines nous offrit une délicieuse aubade sous le ciel bleu de Paris pour notre grand plaisir à tous.
  
Mais ce sera la visite programmée du Château de Versailles, un des lieux les plus emblématiques de l’Histoire de France et fleuron de l’Art français du 17ème siècle avec sa superbe galerie des Glaces récemment restaurée qui clôturera  en apothèose sous un soleil éclatant ce 73ème Congrès National.
 
Je voudrais féliciter Paule Sudre, Mathilde Lorrain, et Jacques Monbeig qui ont été les véritables artisans de ce 73ème Congrès National à Paris avec beaucoup de maîtrise, de disponibilités et de dévouement  depuis des mois.
   
Merci aussi à notre Président Fédéral Jean Lavignasse omniprésent avec le sourire et surtout toujours ce remarquable capitaine à la tête d’une équipe dynamique et exemplaire pour cet essai transformé  avec ce 73ème Congrès National à Paris. Il a reçu des mains du Général Jean Combette la médaille d’anniversaire de la Flamme à l’Arc de Triomphe.
 
Cette manifestation aura été pour moi une jolie symphonie psychologique articulée autour d’un fervent hommage de la mémoire du Souvenir aux précurseurs de ce Mouvement fondé en 1927. Et comme disent les philosophes, ce ne sont pas les réponses qui nous maintiennent en éveil mais les questions. Alors combien serons-nous  à l’occasion du 90ème anniversaire à Paris ?

 

 

Jean-Claude Tran-Duy-Thieu