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PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

 

Le 6 juillet  dernier, sous le haut patronage du Président de la République  représenté par M. Jean-Marie Bockel, le 90ème anniversaire de la Seconde Bataille de la Marne était commémoré au Mémorial de Dormans.

 

   DR                            

 

Ce Mémorial a été implanté sur la rive gauche de la Marne, au milieu des vignes, au cœur du parc du Château de Dormans sur un coteau dominant la ville de Dormans.

 

Grâce à un comité fondateur actif créé en mars 1919 par la Duchesse Estissac (épouse d’Alexandre de la Rochefoucauld), le Cardinal Luçon de Reims et l’Evêque Tissier de Chalons, cette dame noble et pieuse exprime la volonté qu’une chapelle et un ossuaire concrétisent de manière durable la reconnaissance de tout un peuple à ses combattants.

 

Ainsi la première pierre de la chapelle est posée le 18 juillet 1920. Les travaux dureront une dizaine d’années et sont financés grâce à de nombreux dons  en particulier ceux de la souscription  nationale de 1929 dite «  Journée des quatre monuments ».

 

Bine que ne faisant pas partie du Comité fondateur, le Maréchal Fochqui fut deux fois le principal artisan de ces victoires - prendra une part déterminante dans cette édification et c’est lui qui choisit ce site, selon ses propres mots :

« Dormans est le point synthétique des deux batailles de la Marne »

 et écrira ensuite :

« Elever sur la Marne à Dormans la Chapelle de la Reconnaissance, c’est à juste titre glorifié Dieu et commémorer les héros qui ont sauvé la Patrie. Tous les épargnés de la guerre voudront y apporter leur pierre »

(Cette citation est gravée dans la pierre à l’entrée du Mémorial).

 

Malheureusement ni  la Duchesse Estissac décédée en 1924, ni le Maréchal Foch décédé en 1929, ni le Cardinal Luçon décédé en 1930 ne verront l’achèvement  du projet. C’est surtout Monseigneur Tissier, pour son dévouement  et son éloquence qui permettra de clore  le financement et la réalisation du monument en prenant son bâton de pèlerin afin de collecter les fonds nécessaires dans toute la France et la Belgique.

 

Les souscriptions qu’il recueille, venant de tous, y compris des familles durement touchées permettent de mener à bien une entreprise que tous jugeaient pour le moins audacieuse : « C’est un devoir, répète-t-il souvent, de garder le souvenir de ceux dont l’héroïsme nous a valu la victoire et c’est pourquoi nous avons élevé ce Rempart contre l’oubli ».

 

L’imposant ensemble est dû aux architectes  Marcel et  Closson. Un escalier monumental mène à un grand parvis où se trouvent un cadran solaire et la table d’orientation qui indique les noms des villages de la vallée de la Marne où s’est déroulée la bataille de 1918. Le parvis donne lui-même accès  à une crypte que domine l’église surmontée d’un clocher et de deux clochetons. Sur la façade principale, on peut lire :

 « Aux Vivants la Lumière du SoleilAux Morts la Lumière de Dieu

Où tombèrent les héros, là s’arrête l’ennemi »

 

L’intérieur de la chapelle est dédié à la gloire « des soldats, de l’armée et de la patrie ». Le vitrail du chœur représente le Christ accueillant un soldat symbolisant tous les Morts de la Grande Guerre, qui lui est présenté par Jeanne d’Arc et Saint-Michel. Les vitraux latéraux dans le transept représentent les saints patrons des différentes armes. Les quatre colonnes  qui reposent sur les assises voûtées de la crypte sont ornées de sculptures sur les thèmes des quatre grandes invasions de la France  par les Huns, les Arabes,  les Anglais, les Allemands,

 

La tour haute de  52 mètres, contient plusieurs cloches dont une de 304 kg. A côté de la chapelle se trouve un cloître, d’aspect austère avec ses arcades en arc brisé, il part latéralement rejoindre un bâtiment funéraire, où se trouve l’ossuaire, près d’une tour-lanterne des Morts, a l’entrée un médaillon représente les effigies des maréchaux Foch et Joffre et sur des plaques murales on lit les noms de l’ensemble des corps armés engagés dans les combats.

A l’intérieur de l’ossuaire, dans 130 cercueils reposent les restes mortels de 1 332 soldats français de 1914-1918, dont 11 seulement son identifiés.

Dans cette même chambre funéraire se trouvent également deux urnes : la première contient de la terre provenant d’un cimetière d’Italie où sont enterrés des soldats des Forces Française Libres tués lors des combats de 1943-1944 à Monte Cassino ; l’autre renferme des cendres des déportés rapportées de Dachau en 1948.

 

Depuis 1993, tous les ans lors de la commémoration du 11 novembre, une cérémonie officielle  se déroule à l’ossuaire pour le dépôt par un officier supérieur délégué de l’Elysée, d’une gerbe offerte par le Président de la République.



Mathilde Lorrain

 

Ce Mémorial est un lieu de mémoire de grande importance et peut être visité du :

-          1er avril au 15 septembre, tous les jours sauf le mardi de 14 heures 30 à 18 heures 30

-          Et le dimanche de 10 heures à 12 heures et de 14 heurs 30 à 18 heures 30 jusqu’au 11 novembre.