DEUXIÈME GUERRE MONDIALE

Naissance d’un nom

« De tous les grands chefs militaires révélés par les luttes pour la libération de la patrie entre 1940 et 1944, il restera dans la mémoire des  Français de toutes les opinions comme le plus chevaleresque, celui qui est tombé dans l’auréole de sa légende et la pureté de sa gloire…» Alphonse Couson   Imitation des Grands Destins     

  Le destin du Maréchal Leclerc a basculé à Grugé-l’Hôpital 

Tel était le titre de l’article du journaliste Mathieu Cloteau consacré au bel hommage rendu au Maréchal Leclerc à l’occasion de la commémoration de l’Appel du 18 juin 1940. « Grugé est l’endroit où le destin  individuel d’un homme  a rencontré un destin collectif. » A.Leroux

              

 
C’est dans cette commune du Haut-Anjou, proche de Segré, qu’arriva Philippe de Hauteclocque chez sa sœur au Château de Champiré (15e reconstruit 18e), domaine familial, belle demeure avec un corps de logis flanqué de quatre tours et entouré de douves avec un pont-levis. L’église paroissiale (13-15e) possède un beau vitrail (16e) avec les personnages des châtelains.
   
 
  
                                                    19 juin 2004. 

                                                        
Grugé l’Hôpital, commémoration de l’Appel du 18 juin 1940. Ā l’heureuse initiative du sous-préfet de Segré Alain Leroux, fut associé un événement  riche de souvenirs pour cette localité  et riche en émotion pour le souvenir national. La « Grande Histoire » est toujours associée  de faits de la « petite histoire » et ainsi naît l’émotion. C’est cette émotion qui fut ressentie à Grugé-l’Hôpital ce jour. 
  
 Réveiller des pages de la « petite » histoire mêlées à la « grande », voilà qui émerveille et émeut quand cette  « petite histoire » devient le point de départ d’une « épopée nationale ».
  
Or, c’est à Grugé l’Hôpital que Philippe de Hauteclocque, arrivé militaire, repartit civil, appelé  Leclerc.

                                                  

« Grugé peut être fier du passage de cet homme de prestige, courageux et d’une intelligence lumineuse.»
Ainsi s’exprimait Diego de Bodard, neveu de Philippe de Hauteclocque. Et Paul Fouet, sous-préfet de Segré, de 1943 à 1946, qui s’illustra en participant à la libération de 60 otages à Segré, ajoutait ; « C’était un homme d’une grande force. Il était aussi d’une grande simplicité, mais quelle parole ! »


L’hommage fut bellement organisé, et il me plaît à souligner que le sous-préfet Alain Leroux, parfait organisateur de manifestations au cours desquelles éclat et simplicité, émotion et souvenirs s’allient, fut conduit à Grugé dans une jeep de l’armée américaine. Et Monsieur Bodard de m’expliquer que cette jeep venait d’un musée que Monsieur Poirier d’Ampoigné, (Mayenne) s’est constitué à titre personnel. Et d’ajouter : « Il mérite bien un coup de chapeau ! », ce que je fais avec grand plaisir.
  
 
 
Apprenant l’appel du Général de Gaulle, Philippe de Hauteclocque décide de partir chez sa sœur. C’est là, expliqua Alain Leroux, que « répondant à l’Appel, le Capitaine de Hauteclocque, fit le choix de rejoindre Londres en utilisant de faux papiers au nom de Leclerc, négociant en vins, qu’il se fait délivrer le 27 juin 1940  par Monsieur le Maire et son Secrétaire de Mairie ». Il part alors en Gironde où il peut revoir son épouse et ses enfants réfugiés. Il quitte sa famille… « N’aie aucune inquiétude pour moi…et « Continue à développer le caractère de nos petits ». Ce ne sera qu’en avril 1941 que Madame de Hauteclocque saura que son mari et Leclerc ne font qu’un ! (Général Vézinet  in Le Général Leclerc)

                                                        * * *    

Un homme…un itinéraire…un Destin…Une  Association Grugéenne du Souvenir du Maréchal de Hauteclocque est créée. Président : C.Berthet. 23/11/08.

Le prochain article que j’écrirai pour notre journal sera l’évocation du glorieux itinéaire  depuis Grugé l’Hôpital en passant par El Tag (Koufra) Paris Strasbourg Berchtesgaden…

Oui, le Général Leclerc fit ce qu’il avait décidé de faire jusqu’au bout de tout.

Que le souvenir demeure !

A Grugé-l’Hôpital, j’écris ton nom ! s’écriait  le sous-préfet Alain Leroux à la fin de son discours, reprenant le beau poème de Paul Éluard tissé par notre grand artiste Jean Lurçat dans une tapisserie datée de 1942 !
  

                                                       
Nul n’oubliera le bel hommage du 19 juin 2004 qui se déroula dans cette localité désormais célèbre. Et l’on entendra résonner longtemps encore les échos de la noble devise de la famille 

« ON ENTEND  LOING  HAULTE  CLOCQUE »

                                                                                                                                
  



                                                    Marguerite Cécile Albrecht