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PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

  

1917 – 2016 : 99ème anniversaire du Chemin des Dames

Des bleuets pour les soldats fauchés dans la fleur de l’âge 

Des milliers de bleuets en fleur : telle sera l’image qu’offrira cet été, le Chemin des Dames sur la RN 2 entre le Carrefour de l’Ange et la commune de Craonne.
Les bleuets destinés à rendre hommage à tous les soldats  tombés au printemps 1917 dans ce secteur et à travers eux tous ceux que la Grande Guerre a fauchés dans la fleur de l’âge seront semés  par une vingtaine d’exploitants agricoles de ces terres sur une bande large de 12 m et longue de 21 kms.
  
   

 

 

    

 

Le bleuet est la fleur
symbole de la classe 17,
mais également celui
du Chemin des Dames
 

  

 

 Un parcours pour découvrir et comprendre l’histoire du Chemin des Dames :
« Chemin de plaisir devenu Chemin de souffrances » 
Cette crête farouchement disputée durant la 1ère guerre mondiale  s’étend sur une trentaine de kms balisée et  par une signalétique identifiée par un bleuet  comporte plusieurs sites :

  Le Monument National des Chars de Berry au Bac

Ce monument rappelle qu’en 1917 au pied du Chemin des Dames les premiers chars d’assaut  français ont été engagés,  constituant des unités  dites d’artillerie spéciale AS  commandées par le chef d’escadron Bossut. Ces corps d’armée avaient pour mission une percée  dans la plaine en direction de la Meuse et  étaient chargés de l’assaut du plateau de Craonne (Californie, Vauclair)
  

Les engins exposés devant ce monument datent des années 1950

 Le village de Craonne

Les unités allemandes mettent à profit  ces longs mois pour transformer le Chemin des Dames en forteresse imprenable. Croyant pouvoir en finir  avec cette guerre de position le commandant en chef des Armées Françaises  le Général Nivelle lance une offensive de grande envergure le 16 avril 1917 et malgré l’engagement des premiers chars d’assaut, cette offensive s’avère impossible à  gagner mais le Général Nivelle s’obstine néanmoins et décide  de reprendre coûte que coûte le village de Craonne et le plateau de Californie au prix de pertes considérables qui sapent le moral des troupes françaises et entraînent un « ras le bol »  qui débouche sur les mutineries évoquées par la « Chanson de Craonne »

Cette chanson est chantée par un condamné à mort dans le film  « un long dimanche de fiançailles de J.P. Jeunet  en 2004
Le village de Craonne a été entièrement détruit et tous les jours remontent à la surface des ossements et des objets personnels, d’où  rappel à la mémoire sur le Monument aux Morts, on peut lire « Tous unis comme au front ».
Actuellement sur son emplacement est planté un arboretum et un nouveau Craonne a été reconstruit  à côté de son site d’origine en contre bas du plateau de Californie.

 Le plateau de Californie

En 1914, le plateau de Californie était recouvert de vignes, de terres agricoles et maraîchères, de savarts et de bois. Suite à ces combats, le sol jonché d’obus non éclatés est  intégré aux 18.000 hectares de la Zone Rouge.
Rappelons que le plateau de Californie au cœur du Chemin des Dames est tout comme Verdun un lieu emblématique  de la 1ère Guerre Mondiale. Ce lieu fut longtemps associé à l’échec cuisant  de l’offensive Nivelle d’avril 1917 et voué après la guerre à un processus d’occultation, d’oubli, de refoulement. Mais depuis les années 1980, le Chemin des Dames  a fait l’objet d’un retour de mémoire, c’est ainsi que le 5 novembre 1998, à l’occasion du 80ème anniversaire de la Victoire de 1918, Lionel Jospin inaugure  un Monument à la Mémoire des Combattants  de toutes les guerres.
 

  

   

Ce monument confié au sculpteur Haïm Kerner de bronze teinté de bleu horizon est constitué de têtes toutes identiques emprisonnées dans le fil du fer barbelé  symbolisant les mailles de l’Histoire, avec  cette légende :
« Ils n’ont pas choisi leur sépulture ».
Le bois totalement détruite a été reconstitué en partie avec des arbres  des pays d’où étaient originaires les soldats.
A ce jour, le plateau est un paysage de guerre fossilisé : réseau de tranchées, cratères d’obus, remontées de ferrailles  (obus, balles, casques, gourdes et baïonnettes). 

Le Monument des Basques

Implanté à la sortie du village de Craonnelle, il a été érigé en mémoire du 18ème Corps d’armée composé en majorité  de soldats du Sud-Ouest de la France. Ces soldats occupèrent sans interruption de 1914 à 1916 ce secteur de l’Aisne l’un des plus accidenté du front, là où les belligérants y introduisirent des nouvelles armes : l’artillerie de tranchée avec ses « crapouillots » (du mot crapaud = petit mortier de tranchée), les lance–flammes, le gaz asphixiant.

 La Caverne du Dragon

Baptisée « Drachenhöle » et elle fut occupée par l’armée allemande dès janvier 1915 et aménagée en caserne avec poste de tir, dortoirs, poste de premier secours, chapelle (dont l’autel subsiste encore) et même cimetière, un réseau électrique et quelques points d’eau y étaient installées.
 

  

 

Au cours du conflit à la fin de 1917, Allemands et Français y cohabitaient  et des murs  construits pour prévenir les attaques au gaz devinrent en quel que sortes  une frontière intérieure.
En 1969 cette caverne se transforme en musée, il fallait emprunter un escalier de ferraille, et arrivé en bas on comprenait très vite le peur, la faim, on sentait l’urine, la sueur et le sang. ;  c’était resté en l’état : un peu délabré, des inscriptions en allemand sur les murs, des fils électriques qui pendouillaient partout…sans effort l’imagination du visiteur faisait le reste.
Réaménagée en 1999,  elle évoque la vie quotidienne des soldats, on y accède par un bâtiment d’accueil vitré qui offre une vue panoramique sur le vallée de l’Aisne.

 La Royère et le Fort de la Malmaison

Le site de La Royère  rappelle l’offensive d’octobre 1917 : c’est aux chasseurs, aux zouaves et tirailleurs que sera confiée la mission de réduire le Fort, quant au régiment d’infanterie coloniale du Maroc, il doit enlever, le massif des carrières de Bohery couvert d’un réseau de barbelés profond de 1500 mètres et d’abris bétonnés occupés par des guetteurs allemands. Après avoir franchi l’Ailette, délivré les villes de Laon et Chambry, ils prennent position sur la Souche.
Ce Fort construit en 1878 fut âprement disputé vu sa position stratégique  Il ne reste que des ruines et un cimetière allemand le jouxte

 Cerny en Laonnois

Le village de Cerny en Laonnois situé au  milieu du Chemin des Dames. constitue le lieu central du Chemin des Dames avec sa chapelle-mémorial, bâtiment à la fois religieux et civil en hommage aux soldats tombés  durant cette guerre, et  ses deux cimetières. (français et allemand). Du côté français les sépultures des combattants sont multiconfessionnelles. ; du côté allemand, suite au Traité de Versailles, la France a pour obligation d’enterrer les soldats allemands  et chaque tombe contient 4 corps...

 

 
 

 A l’occasion du 11 novembre  2006, le Conseil Général de l’Aisne lance sur Internet la deuxième version du Mémorial virtuel de Chemin des Dames www.chemindesdames.fr afin de retrouver la trace et la mémoire des hommes morts  au Chemin des Dames. 

Mathilde Lorrain