GUERRE CIVILE ESPAGNOLE  36-39

DEUXIÈME GUERRE MONDIALE

 

Le bombardement de GUERNICA ville symbole de l’identité basque
Un épisode « particulièrement atroce » de la guerre civile espagnole



   

 guernica sag.jpg - 4.78 kb

  L’arbre de la sagesse et la maison des assemblées

L’arbre de Guernica
C’est sous le chêne de Guernica que les rois d’Espagne devaient garantir le respect des fueros, les fors (
2) accordés aux Basques du IXème  au XIXème siècle.1876 marque la fin de cette autonomie.  

La guerre civile espagnole vient d’éclater en juillet 1936. L’Espagne, un des pays les plus pauvres d’Europe, va vivre les pires années de son histoire. Le poète et écrivain Federico Garcia Lorca (1) est exécuté sans jugement par la soldatesque franquiste en août 1936. L’humaniste Miguel de Unamuno arrêté, meurt mystérieusement en décembre 1936.

Le 26 avril 1937, les aviateurs nazis de la légion Condor effectuent le bombardement de la ville un jour de marché. Les historiens évaluent à environ 1680 le nombre des victimes civiles. L’incendie déclenché par les bombes détruit la ville à 70%.      

Guernica et les intellectuels chrétiens en 1937
Les intellectuels français sont divisés entre les deux camps : celui des Rebelles franquistes et celui des Républicains. Paradoxalement l’écrivain et diplomate Paul Claudel est anti-républicain !
Seules quelques personnalités dont celles de Maritain, Merleau-Ponty, Claude Bourdet, Georges Bidault…et François Mauriac (3) signent  le 9 mai 1937 le manifeste pour la défense du peuple basque :

«… La guerre civile d’Espagne vient de prendre au pays basque un caractère particulièrement atroce…Rien ne justifie, rien n’excuse les bombardements de villes ouvertes comme celui de Guernica… »
  

En France les réfugiés espagnols affluent et témoignent. François Mauriac lucide s’informe et s’active avec force. Visionnaire, il écrit dans le Figaro du 17 juin 1937 :

«… Un jour peut-être nous comprendrons que ce pauvre peuple souffrait et mourait pour nous.  Dieu veuille alors que nous ne retrouvions pas leurs morts à l’endroit même où il nous faudra enterrer les nôtres. »  
 « François Mauriac » de Jean Lacouture  page 326 et 327 

Guernica et Goering
Lors du jugement de Nuremberg, l’accusation demanda au maréchal Goering ce que signifiait pour lui le mot Guernica : Il répondit : « Ce fut une expérience et nous n’avions alors aucun autre endroit où la mettre en œuvre. Nous voulions voir l’effet que faisait dans la population un bombardement en hauteur avec des bombes lourdes, suivi d’un autre rasant avec des bombes incendiaires ». 

  
   
Le bombardement de Guernica fut le premier essai en Europe de la « guerre intégrale » prônée par Hitler. La population allemande devait par la suite largement  profiter de cette nouvelle méthode ! 

 

(1) Federico Garcia Lorca, issu d’un milieu très aisé, ami de Salvador Dali et de Paul Eluard, il avait écrit : « Je serai toujours du côté de ceux qui ont faim ».

(2) Fors : Ensemble des lois définissant les rapports institutionnels d’une région vis-à-vis du pouvoir central.

(3) François Mauriac (1885-1970) Ecrivain résistant, il signe en particulier sous le pseudonyme de Forez « le Cahier noir » ; Académicien, Prix Nobel de Littérature en 1952.
_____________________________________________________________________________

       picasso mere2.bmp - 131.44 kb
 
Fragment du Guernica de Picasso : une mère pleurant son enfant mort  
Guernica serait aujourd'hui un des tableaux les plus visités au monde, le 2ème après la Joconde.
1981 : Retour en Espagne de l'œuvre promue au rang de relique nationale.
Exposée au musée Reine-Sophie à  Madrid, l’œuvre pourrait être bientôt transférée au Pays basque.  
___________________________________________________________________

 

Sixième centenaire de la fondation de Guernica (y Luno) :

Oblitération premier jour du 28 avril 1966 à Madrid