DEUXIÈME GUERRE MONDIALE

  

Hommage aux Justes de France le 18 janvier 2007 au Panthéon 

" Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France dans les années d’occupation, des lumières par milliers refusèrent de s’éteindre, nommés « Justes  parmi les Nations », des femmes et des hommes, de toute origine et de toute religion, ont sauvé  des Juifs des persécutions  antisémites et des camps d’extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l’honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d’humanité." 

 

Cette plaque, sur un mur de la crypte, à côté du caveau de Jean Moulin, a été inaugurée le 18 janvier 2007, par M. Jacques Chirac, Président de la République, accompagné  de Madame Simone Veil, Présidente de la Fondation de la Shoah.
 

Elle complète le mur des Justes, situé rue Geoffroy Lasnier à côté du Mémorial de la Shoah, inauguré  en juin 2006 par les deux Premiers Ministres français et israélien.
Citons « la ligne Rouge » de notre camarade Jean-Daniel Nessmann :
Attendre soixante ans pour inaugurer un « Mur » en souvenir des Justes témoigne déjà d’une reconnaissance bien tardive, mais inscrire avec parcimonie quelques 2 693 noms relève d’une comptabilité  et d’un inventaire extravagants.

Si peu de Justes pour tant de juifs « sauvés » !
N’est-ce pas là faire un tri et oublier ces centaines de milliers d’anonymes « animés, selon Lucien Lazare, par une priorité absolue, sauver son prochain, quel qu’il soit, en l’occurrence juif, en dépit des dangers pour eux-mêmes ou leur famille » ?...
« Ils y a ceux qui cachaient, ceux qui donnaient l’alerte, ceux qui fournissaient  les faux papiers, les tickets d’alimentation. On les appelle les Justes » écrit  Henri Tincq lors de l’inauguration d’un Mémorial des Justes à Thonon en novembre 1997, lequel ajoute :
« Qui jamais saura  combien furent ces Justes qui, parfois au péril de leur propre vie, ont sauvé des juifs de l’arrestation, de la déportation, d’une mort quasi certaine ? »
 


La comptabilité du crime est plus facile que celle du dévouement
 .
 

« Nous n’avons pas fait tout cela pour les honneurs » s’offusque une grand-mère de 92 ans qui veut taire son nom… Si leur action doit être célébrée, c’est précisément parce qu’elle incarne des valeurs de fraternité et de tolérance qui ont fait la « grandeur » de la France…
Le Consistoire israélite de France appelle tous les Justes anonymes à se faire connaître. « Il faut faire vite parce que les témoins disparaissent" .
Or,  « jamais les Justes ne se vantent d’avoir sauvé des Juifs » proteste Lucien Lazare qui ajoute :
« Il est impossible de faire un portrait du Juste. Ce sont des hommes et des femmes qui n’ont jamais demandé de distinction pour leurs actes : c’est un trait commun des Justes… En période de pénurie générale, cela voulait dire subvenir pour une grande part à leurs besoins et donc partager les privations ; ce n’était pas de l’héroïsme d’un instant…
C’est tel maire qui déclare ne pas avoir de liste de Juifs dans sa commune (liste pourtant obligatoire), ou tel policier qui pendant les rafles, prévient qu’il reviendra chercher les personnes dans « deux heures » et leur permettent donc de fuir. Ceux-là, on n’arrivera jamais à les identifier.
Quand on les interroge, certains avancent leur foi religieuse, d’autres leur attachement aux valeurs républicaines et laïques. La réponse la plus désarmante  et la plus répandue est celle-ci « N’importe qui aurait fait la même chose à ma place ».
 

"Les Juifs ne pouvaient  survivre à la Gestapo pendant la guerre qu’en étant abrités et protégés par la population… » (Jean Frydman).
  

 

«  Plus de 70.000 enfants juifs de France sur 84.000 auraient échappé à la déportation. Ceci modifie l’idée du comportement frileux que l’on prête aux Français durant l’Occupation… Des Français anonymes ou des associations ont dit non par simple « réaction humaine » parce qu’on ne touche pas à la tête d’un enfant, et que la douleur d’une mère est insupportable. Même quand on est antisémite, ou pétainiste comme le maire d’Annemasse qui aidera des résistants à faire passer des enfants en Suisse. De nombreuses vies ont été ainsi à la merci de petits gestes et de hasards courageux. Mais  cinq ou six évêques seulement sur une centaine, ont couvert les réseaux d’entraide aux enfants juifs. »

 

« Nous n’avons fait que suivre notre conscience »
 

Reprenons quelques phrases de l’allocution de Mme Simone Veil :
 « Les Juifs ont été relativement protégés en France »
Pendant la guerre, c’est en France que l’on a été le plus fraternel
90% des Juifs de Pologne ont disparu, 80 % des Juifs des Pays-Bas, 80 %: de ceux de Grèce. En France  75 % de la population juive a été sauvée.

  

 

Rappelons que cette date du 18 janvier n’avait pas été  choisie par hasard. Elle correspondait à l’anniversaire de la  « Marche de la Mort » (18 janvier 1945) où  60 000 déportés partirent d’Auschwitz vers l’Ouest en faisant 80 kms en 3 jours.


Le 25, par train découvert, les survivants se retrouvèrent à Ravensbruck.

 

Paule Sudre

Présidente adjointe de la Fédération