Discours de clôture du 12 septembre 2018 par Robert PERRON

 

Mme la Première adjointe représentant Mme le Maire et Conseillère départementale,

M. le Directeur de l'ONACVG du Val-de-Marne représentant Mme la Secrétaire d'Etat auprès de Mme la Ministre des Armées

Mmes et Mrs les Elus

M. le Président général du Souvenir français  M. le Président de la Fédération Nationale des "Fils des Tués"
Mmes et Mrs les Présidents d'Associations
Mesdames, Messieurs

Mes chers amis Fils et Filles des Morts pour la France

 

Je suis particulièrement heureux, comme Commissaire général,  de vous accueillir à la séance de clôture de notre 84ème congrès national.

 

A mon tour je voudrais remercier Madame Charlotte Libert-Albanel, Maire de Vincennes pour avoir mis à notre disposition des salles municipales afin de tenir notre congrès.

 

Je demande également à Mme le Maire de bien vouloir, de notre part, remercier chaleureusement Madame Odile Bénali, Directrice générale adjointe des services et ses collaborateurs pour l'aide précieuse qu'ils nous ont apportée à l'organisation de ce colloque, dans cette belle ville de Vincennes.

 

Ce congrès fut très émouvant, hier nous avons consacré nos réunions de travail à ce qui nous engage: 

- la fidélité aux valeurs de liberté et de paix défendues par nos Pères, Morts pour la France,

- l'apprentissage de la vie dans des conditions exceptionnelles par nos Mères qui seules ont fait de nous des Femmes et des Hommes responsables,

- le "TRAVAIL de MEMOIRE" qui doit permettre au Monde de ne pas oublier les heures sombres de notre histoire souvent occultées… Alors l'Homme recommence de nouveaux conflits comme le  terrorisme aveugle qui  frappe tant de victimes innocentes.

 

Cela est notre Devoir de faire vivre le Souvenir des Morts pour la France comme enseignement pour les vivants !

 

Mais si nous avons des Devoirs nous avons aussi des Droits que nous devons défendre pour aider les plus âgés, les plus malades et les plus défavorisés d'entre nous et, dans ce domaine Vincennes a été un précurseur. 

En effet, le 13 mars 1915 il était déclaré à la Préfecture une Association dénommée "L'OEUVRE des OPHELINS VINCENNOIS de la GUERRE" dont les Présidents d'Honneur étaient Le Général LIENARD Commandant la Place de Vincennes et M. Henri VERLUISE Maire de Vincennes. Dans ses statuts il était écrit "L'Œuvre a pour but de venir en aide aux jeunes vincennois dont le père est mort au champ d'honneur, ou, étant mobilisé, est décédé à la suite de blessures ou de maladies contractées pendant la guerre. L'Œuvre aidera les mères de famille devenues veuves de guerre demeurant à Vincennes.

Le père si tôt disparu, elle prendra les orphelins sous son patronage moral. A leur sortie de l'école, elle ne les perdra pas de vue et leur procurera les moyens d'apprendre un métier de leur choix. Tous ses efforts tendront à en faire d'honnêtes citoyens et de bons français."

 Mais nous n’oublions pas, Madame le Maire, que cette Ville de Vincennes fut aussi à plusieurs reprises au cœur des conflits du 20ème siècle et en particulier lors de la seconde guerre mondiale.

Dès septembre 1939, le Général Gamelin avait établi son poste de commandement de généralissime des armées alliées au Château de Vincennes : il y reçut les Présidents du Conseil des Ministres, Edouard Daladier les 11 et 13 mai 1940 et Paul Reynaud accompagné du Maréchal Pétain le 18 mai 40.

Remplacé le 19 mai 1940 par le Général Weygand, celui-ci accueillit dès le 22 mai le Chef du Gouvernement britannique Winston Churchill pour lui exposer le plan d’une ultime contre-attaque. Mais le lendemain, les Anglais considérant la bataille de France perdue, évacuèrent Arras et mirent fin à ce projet. Au début de juin 40 le poste de commandement fut abandonné.

 

En août 1944 des évènements plus sanglants eurent lieu, d’une part dans les fossés du Fort Neuf où le Commandant Bouchet et 6 de ses compagnons employés au métro, pris les armes à la main, étaient fusillés et d’autres par,t au château de Vincennes où 26 prisonniers - en majorité FFI et policiers parisiens dont le commissaire Silvestri - furent fusillés et enterrés dans des tombes que les SS les avaient obligé de creuser auparavant dans les fossés du Château.

 

Le 1er Novembre suivant le Général de Gaulle, Chef du Gouvernement Provisoire vient à Vincennes pour leur rendre hommage, lors d’une cérémonie dans la Sainte Chapelle où il prononça une allocution dont je vous lis un extrait :

« Ces morts, ces martyrs, ces soldats, la terre maternelle enveloppe désormais leur repos. Mais nous tous, fils et filles de la Patrie, frères et sœurs de ceux qui sont tombés pour elle, aussi bien sous le soleil des champs de bataille que dans la brume glacée des matins d’exécution, nous avons à remplir les devoirs qu’ils nous ont dictés. »

Je termine sur cette citation, car à mon sens elle montre que dans l’esprit du Chef de la France Libre :

 

" Tous les Morts pour la France, tous nos Pères étaient égaux, lorsqu'ils ont donné leur vie pour que Vive la France."