PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

 

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Première guerre Mondiale

juillet 2016, le 100ème anniversaire de la Bataille de la Somme

L’histoire de la  Somme durant la Grande Guerre trouve son apogée  dans la terrible  bataille du 1er juillet au 18 novembre 1916. Cette partie du territoire picard  est lié à la mémoire des britanniques.

Le 6 décembre 1915 la conférence interalliée de Chantilly (français et britanniques) décida qu’une offensive commune capable de renverser le cours de la guerre aurait lieu vers le milieu de 1916. Le 18 février, trois jours avant l’offensive  allemande sur Verdun, Joffre et Haig arrêtèrent les grandes lignes d’une offensive franco-britannique sur la Somme. Pour Joffre, il devient important de détourner l’ennemi de Verdun avec une attaque dans la Somme et Haig sait que les britanniques vont dès lors utiliser  la nouvelle armée « Kitchener - nom du nouveau Ministre de la Guerre ».

Les troupes françaises étaient commandées par le général Foch. Elles comprenaient la 3ème armée (Humbert), la 6ème (Fayolle) et la 10ème (Micheler) au total 14 divisions. Les troupes britanniques commandées par Sir Douglas Haig comptaient 26 divisions.

L’attaque meurtrière du 1er juillet

Le 1er juillet, l’infanterie britannique (120.000 hommes) s’élance à l’assaut  sur un front de 30 kms. Les assaillants sont décimées par les tirs  des mitrailleuses allemandes en tentant de traverser le no- mans’s land. Les soldats allemands  sortis de leurs abris souterrains reprennent leurs positions. Les villages fortifiés  de Mametz et de Montauban sont pris, mais devant Thiepval la 8ème D.I. britannique perd ce jour-là 57.470hommes, dont 19.240 morts ou disparus et 35.493 blessés. C’est  le jour le plus meurtrier de toute l’histoire de la Grande Bretagne.

Photo du Monument de Thiepval : Aux disparus de la Somme(Le monument des Irlandais de la 36ème division de l’Ulster).

La résistance des Allemands

Après l’échec de la rupture du mois de juillet, la bataille se transforme en guerre d’usure, ce sera une guerre infernale  pour les soldats embourbés dans la boue de la Somme. Durant cette seconde  phase de la bataille, les britanniques changent de tactique et procèdent à des assauts limités à Longueval, Contalmaison. Les combats sont acharnés, les ruines de Contalmaison prises le 5 juillet, sont reprises le 7 par les Allemands et sont récupérées par les Anglais le 10, celles de Longueval prises le 14 juillet reprises par le Allemands le lendemain sont définitivement conquises le 28 par les Sud-Africains.

Monument des troupes  Sud-Africaines

  Pour chaque tranchée, les soldats  australiens s’acharnent et creusent ; c’est durant la guerre que les anciens chercheurs d’or  venus des antipodes  prennent leur surnom : les Diggers.

A partir du 25 juillet les Australiens se lancent  à l’attaque de Pozières, verrou qu’il faut faire sauter pour dominer la colline de Thiepval ; après de furieux combats, un soldat sur trois  meurt devant le village englouti sous la terre et le feu.

Le 3 septembre, une nouvelle attaque  est lancée par les Alliés, les Français progressent au sud, mais buttent  sur Vermandovillers ; les australiens épuisés sont relevés par les Canadiens près de la ferme du Mouquet à proximité de Thiepval. Le 12 septembre, nouvelle attaque des Alliés par les Chasseurs français  qui s’emparent de Bouchavesnes et le 15 septembre, nouvelle attaque  au cours de laquelle les généraux se décident à utiliser pour la première fois les tanks et prennent d’assaut Courcelette. Pendant, ce temps, Combles devient pour les Allemands leur centre de résistance au nord de la Somme, village qu’ils transforment en véritable forteresse (place d’armes, postes de secours,  réseau électrique  téléphonique, conduits d’aération).

Combles situé à la jonction  des armées françaises et britanniques est le théâtre d’un massacre lors de l’assaut donné par les français, le 25 septembre, ce bastion est enlevé, alors qu’on le disait indestructible et font 12 00 prisonniers.

Aux mois d’octobre et novembre, les combats s’essoufflent et se concentrent  sur la route de Bapaume où des milliers de français  échouent devant un mur de renforts allemands. Les derniers combats se déroulent dans un véritable bourbier. Depuis le début, il avait plu presque tous les jours ; engluées dans la boue les opérations s’arrêtèrent d’elle-même, Joffre voulait continuer, Haig s’y refusa absolument.

Sir Douglas Haig a écrit : les trois objectifs pour lesquels, nous avions entrepris cette offensive étaient atteints : « 1er Verdun a été dégagé – 2ème de gros effectifs  allemands ont été retenus sur le front occidental – 3ème une usure considérable a été infligée à l’ennemi »

Carte de la Somme

Cette offensive de la Somme est l’exemple même  de la bataille d’usure : sans but précis, elle n’obtient  pas de résultats clairs et définitifs. En fait, il s’agit plus de deux batailles juxtaposées  que d’une offensive. En cinq mois, le front  n’a avancé que de 10 kms et les pertes en hommes pour les français sont supérieures aux pires mois de Verdun. La Bataille de la Somme n’avait libéré que 180 km² du territoire français.

A l’hiver le bilan des pertes britanniques, françaises et allemandes fut monstrueux (morts- blessés et disparus).

 

Le 1e juillet 1916, l’une des journées les plus meurtrières de l’histoire du premier conflit mondial sera commémorée le 1er juillet 2016 au Monument de Thiepval, où sont invités environ 10 000 français, britanniques et en provenance du Commonwealth pour assister à la cérémonie qui se déroulera en présence des plus hautes autorités civiles et militaires.

 

Droits Réservés 

Mémorial de Thiepval

 

Mathide Lorrain