DEUXIÈME GUERRE MONDIALE

 

Scènes d'une vie :

-5 Novembre 1940 : lâcher de tracts, rue Alsace Lorraine à Toulouse, lors du filé du maréchal Pétain

-20 Avril 1940 : arrestation du groupe de jeunes résistants communistes

-28 Juillet 1944 évasion du Camp de Gurs (Pyrénées Orientales).

-5 novembre 2009 Monsieur le Maire de Toulouse pose une plaque sur l'immeuble d'où furent lancés ces tracts.

Titulaire de la Légion d'Honneur, de la Médaille de la région Midi-Pyrénées, et de celle de la Ville de Portet-sur-Garonne, Présidente de l'association des Internés de Brens et Rieucros, née à Toulouse le 20 Mai 1922, de parents réfugiés espagnols, Angèle 93 ans aux yeux malicieux de ceux qui ont l'insurrection chevillée au corps. Haute comme trois pommes, cheveux gris coupés courts et clope au bec, Anlina, comme la surnomme ses amis, est une insoumise de naissance. «Toute petitoune, raconte-elle, avec son accent chantant du Sud-Ouest, j'appartenais-aux jeunes filles de France-».

La ville rose, après les années du front populaire de 1936 est alors une cité turbulente, galvanisée par une forte culture ouvrière solidaire avec les Républicains espagnols.

 

Lorsque le maréchal « Félon» pactise avec Hitler, Angèle veut crier son indignation avec son groupe de camarades opposants. Lorsqu'en 1940, le maréchal Pétain annonce sa venue dans la Ville rose, ce 5 Novembre, avec 5 de ses camarades des jeunesses communistes vont organiser un lâcher de tracts au milieu du défilé vichyste et larguent des tracts sur lesquels étaient inscrits « la jeunesse ne veut pas du maréchal felon »Le système est ingénieux : sur un toit d'un immeuble -( depuis 2009, une plaque commémore cet événement au N° 13 rue d'Alsace Lorraine à Toulouse)- les papiers subversifs ont été posés sur une tapette à rats qui se déclenche à retardement : Timing parfait: les tracts atterrissent sur la casquette du maréchal, on imagina la tête .... « C'est le premier acte de résistance à Toulouse », dit-elle fièrement, à l'époque le mot n'existait même pas ! » Trois semaines après leur lancer héroïque, les jeunes résistants sont arrêtés et traduits devant un tribunal militaire. « On était connu comme le loup blanc, raconte Angèle, on avait organisé des collectes pour les républicains espagnols ; à quatorze ans, j'avais même participé aux grèves de 1936, comme apprentie ! Le couperet tombe : Anle est déchue de sa Nationalité et est envoyée le 30 Avril au camp du Récébédou. A 18 ans, elle pense surtout à Yves Bettini, son amoureux condamné à deux ans de prison ferme à la centrale de Nîmes. » J'étais malheureuse, car c'était mon premier amour et j'avais connu Yves dans ce groupe. Une histoire à la fois
passionnée et idéaliste
tournée vers la même cause au nom de la justice. Yves, son futur mari, après sa sortie de prison est livré à la gestapo avant de s'échapper pour rejoindre le maquis. En juin 1940 Angèle arrive à Rieucros, en Lozère, le premier camp de concentration ouvert en France. Neuf mois plus tard, elle est transférée à Brens où elle restera deux ans. C'est dans ce camp du Tarn qu'elle connait l’évènement le plus insupportable de sa vie : le 26 Aout 1942 la police française vient chercher nos amies juives allemandes et polonaises pour les déporter en Allemagne ; prévenues, les femmes du camp vont se battre à mains nues contre les policiers.

Nous avons perdu et elles ont été transférées vers Drancy, puis déportées ... Aucune d'elles n'est revenue. Le 6 Juin 1944, alors que les alliés débarquent, Angèle arrive au camp de Gurs d'où elle s'évadera, deux mois plus tard.

 Aujourd'hui, cette « dinosaure des camps» comme elle se définit, consacre toute son énergie à raconter son histoire: répétant ici et là qu'il « ne faut pas oublier, qula faveur du temps je ne regrette pas d'être passée par le camp de Gurs car j'ai vu et ai compris que l'oubli est impossible ».

 On pourrait citer d'autres résistances Toulousaines : Henriette ACHIARY -Augustine MONGELARD -Conchita RAMOS- Marcelle FONTES -Marcelle RUMEAU.

Monique Attia

 

Président de l’association de Haute Garonne