DEUXIÈME GUERRE MONDIALE

Par Jean Desmarès Président honoraire de la Fédération Nationale

 La longue cohorte des 8.500.000 poilus survivants de la "Grande Guerre" de 14/18 vient de "s'éteindre" avec la disparition le mercredi 12 mars du dernier d'entre eux, LAZARE PONTICELLI âgé de 110 ans !
C'était le dernier combattant (engagé dans la Légion Etrangère) de la "DER des DER", comme on disait à l'issue de ce terrible conflit.Les poilus regroupés dans les nombreuses associations d'Anciens Combattants conjuraient le Passé dès 1919 en affirmant "Plus jamais ça".
1,4 millions de soldats "Morts pour la France", des centaines de milliers de blessés et de mutilés, tant et tant de parents qui ne reverraient plus leurs fils, de veuves qui pleuraient ceux qui ne reviendraient pas, sans oublier les 850.000 enfants orphelins de guerre : un pays qui allait se couvrir en quelques années de milliers de Monuments aux Morts jusque dans les plus petits villages de  France, nouveaux Dolmens du Souvenir, Calvaires laïques, patriotiques et néanmoins sacrés.  
Oui, en novembre 1918, nous étions une France dont les armes étaient victorieuses mais nous avions une France blessée, une jeunesse décimée et des familles déchirées par la guerre ! Sur les marches de l'est il était des plaines et des vallons où le sang des morts, la terre dévastée, éventrée par les éclats d'obus ne permettaient plus de moissons ! Il était des villages disparus à jamais ! Oui, notre terre de France a pleuré les morts des tranchées et les barbelés ensanglantés étaient alors comme une couronne de douleur célébrant les souffrances des victimes de cet effroyable cataclysme. 
Tous ces noms gravés dans la pierre au centre de nos cités proclamaient alors et proclament encore : n'oubliez jamais ! 
Mais la France s'est relevée ! La France éternelle ne voulait pas, ne pouvait pas mourir ! 
Oui, la France est vivante malgré les heures sombres de son Histoire au cours du 20ème siècle et il faut aujourd'hui, en cette année du 90ème anniversaire de 1918, se pencher sur ce passé pour réfléchir à sa destinée...
Puisque le dernier témoin n'est plus, c'est à nous qu'il appartient de garder précieusement la mémoire de cette époque sanglante et douloureuse.Puisque le dernier témoin n'est plus, il est juste de voir en lui un symbole de tous ceux qui ont donné leur vie dans ce terrible conflit. Ces combattants de France et d'ailleurs ne sont pas morts pour rien tant que leur souvenir demeure.
Répétons-le encore une fois puisque nous sommes les tenants de la Mémoire :
Un pays qui oublierait son passé ne pourrait pas construire l'avenir.