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 DEUXIÈME GUERRE MONDIALE


     L’UFAC nous a autorisé à publier cet article déjà paru dans   « UFAC INFO »


Première Maison Familiale pour les Pupilles de la Nation

L'office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre commémorera cette année son 90ème anniversaire, mais il ne s'agit pas de l'office que nous connaissons aujourd'hui. En effet, c'est par un arrêté ministériel du 2 mars 1916 que fut créé l'Office National des Mutilés et Réformés, suivi de l'Office National des pupilles de la Nation par la loi du 27 juillet 1917 qui, après avoir défini les conditions de l'adoption par la Nation des enfants des "Morts pour la France" notamment, précisait le fonctionnement de l'organisme chargé de concrétiser cette adoption qui ne concernait que les enfants mineurs.

S'appuyant sur cette loi, l'Office National (doté d'un Conseil d'administration et représenté dans tous les départements de France par un Office départemental) avait donc en charge tous les aspects de la vie du pupille. Ainsi, il attribuait des subventions d'entretien pour la vie de tous les jeunes : subventions de maladie, d'études, de vacances et des prêts pour des circonstances exceptionnelles. Son action, largement en avance sur toutes les lois sociales de l'époque, fut capitale dans l'éducation des pupilles, à condition que celle-ci fut demandée par la mère, tutrice légale de l'enfant, ce qui ne fut pas toujours le cas.

Certains de ces pupilles furent placés sous la tutelle directe de l'Office National lorsque leur mère, pour des raisons diverses, perdait cette tutelle. Ils étaient alors placés par l'Aide à l'enfance, dans des établissements divers, souvent religieux. Or, ces placements avaient l'inconvénient, les établissements n'étant pas mixtes, de séparer frères et soeurs.
Cette situation, humainement mal perçue par le Secrétaire général de l'Office du Nord notamment, conduisit celui-ci à créer une
maison d'enfants dans un même établissement où tous les "pupilles frères et soeurs" sous sa tutelle furent réunis, sauf ceux qui préférèrent rester dans le placement familial choisi antérieurement par les services de l'Aide à l'enfance.

Cette maison, la "Maison familiale de ROSENDAËL", avait, pour les enfants, des conditions de vie proches de celles qu'ils auraient eues en famille! Pas d'uniforme, fréquentation de l'école publique de ROSENDAËL (ou de DUNKERQUE) selon les âges, instruction religieuse pour ceux qui le demandaient mais non obligatoire, etc. .. Il y eut, lorsque cette Maison fut ouverte aux départements voisins, plus de 100 enfants qui vécurent là leur enfance et leur adolescence.
Les visites, fréquentes, du Secrétaire général de l'Office ou de l'Assistante sociale du Service créèrent entre eux et les pupilles, des liens étroits et affectifs, prolongés par une correspondance active qui, actuellement, existe toujours, concrétisant une tutelle qui n'était pas qu'un mot pour tous ces enfants et soulignant une période particulièrement enrichissante de la vie de celui qui fut à l'origine de cette initiative (1).

l'Office National du Combattant fut ensuite créé le 19 décembre 1926. Les trois institutions (Office National des Mutilés et Réformés, celui des pupilles de la Nation et celui du Combattant) furent regroupées en trois étapes (1933, 1934 et 1946) sous la dénomination actuelle de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (Etablissement public d'Etat).

Cet organisme est toujours chargé de défendre les intérêts matériels et moraux de ses ressortissants et de maintenir la mémoire des sacrifices consentis.

Il gère en outre des Ecoles de rééducation professionnelle ouvertes aux victimes de guerre pour permettre aux mutilés, notamment, d'apprendre un nouveau métier ainsi que des foyers où sont accueillis les ressortissants âgés et handicapés. Il est resté un exemple et un organisme de proximité, concernant encore aujourd'hui, plusieurs millions de ressortissants.

Max CHEVALIER Directeur départemental honoraire

(1) Max Chevalier; alors Secrétaire général de l'Office du Nord a créé cette Maison Familiale en 1955, fermée par la suite en 1966.       

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La maison de ROSENDAËL  
 

Témoignage de Constant "Pupille de la Nation" 
"Pour mes parents inoubliables, que de temps écoulé avec cette photo. Après de nombreuses années à la recherche de cette carte, j'ai enfin fini de retrouver le Château Coquelle de Rosendaël. Etant quelques jours à Dunkerque, c'est au cours d'une braderie que j'ai pu retrouver une partie de mon enfance.
C'est du fond du creur que je vous fais parvenir celle-ci ; en effet, par cette carte j'ai pu revoir le Château lui-même.
Je vous envoie de très nombreux bisous.

Signé: Un de vos nombreux fils."