DEUXIEME GUERRE MONDIALE

 

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Dans les Pyrénées-Atlantiques 

 

  

Gurs 

 

Situé dans le département des Pyrénées- atlantiques à 10 km d'Oloron Sainte-Marie et à 40 km au sud de Pau, cet immense camp pouvait accueillir 18 500 personnes. Il a été construit en 42 jours, en mars- avri11939, sous la Ille République.

C'est le plus grand camp du Sud de la France (2km de long sur 500 m de large) divisé en 13 îlots de 23 à 29 baraques. Chaque baraque de 24 m de long sur 6 de large pouvait abriter 60 personnes.

À l'origine, il sert à interner les combattants de l'armée républicaine espagnole vaincus par le franquisme, puis il devint le centre d'internement de toutes les catégories d'hommes et de femmes jugées « indésirables » par le régime de Vichy. Il est l'une des bases de la déportation des juifs.

 

Les quatre principales phases de l'histoire du camp

-La phase espagnole (printemps été 1939) avec l'arrivée des combattants de l'armée républicaine espagnole (25 577) et des volontaires des brigades internationales (6 808) venus de 52 pays.

-La phase des « indésirables » (mai -juillet 1940) : ce sont des réfugiés arrêtés le plus souvent dans l'agglomération parisienne, « politiques » français, réfugiés poli- tiques basques...

-La phase antisémite (octobre 1940 - novembre 1943) : ce sont essentiellement des juifs allemands déportés du pays de BADE et du PALATINAT, des juifs d'Europe centrale, polonais et autrichiens, réfugiés, arrêtés, raflés ou déjà internés en France. En tout 26 641 dont 3 907 furent ensuite dirigés, dans 6 convois, vers les camps de DRANCY et AUSCHWITZ.

-Printemps 1944 : arrivée des gitans (63) et des Françaises (1 470) transférées du camp de BRENS dans le Tarn.

Au total 60 559 hommes, femmes et enfants furent internés à GURS. 1 072 y sont morts et pour près de 4 000, GURS fut l'antichambre des camps d'extermination.

   

Après la Libération

Le camp sert d'un côté, de site d'internement pour les trafiquants du marché noir et les « petits » collabos » et de l'autre de lieu de captivité pour un groupe de prisonniers de guerre allemands.  

Le 31 décembre 1945, le camp est définitivement fermé. En 1946, les baraques utilisables sont vendues aux enchères et les autres brûlées par mesure d'hygiène. Une forêt fut ensuite plantée sur le site, rejetant l'histoire du camp dans l'oubli.  

  

Vivre à GURS  

 

Du premier au dernier jour du camp, l'administration et la garde ont toujours été assurées exclusivement par les autorités françaises.

La vie quotidienne se caractérise par la rudesse : baraques de bois rongées par l’humidité, exiguïté, promiscuité, froid, hygiène sommaire, vermine, maladies, faim…

Le terrain argileux devient après chaque pluie et pendant toute la mauvaise saison, un immense marécage. Plus d’un millier de tombes témoignent de ces souffrances. 

 

GURS aujourd'hui : un symbole européen

GURS est en effet un condensé de l'histoire européenne entre 1936 et 1945.

Par son contenu tragique, GURS est un espace de deuil, de souvenirs, de respect. C'est aussi un lieu de réflexion et d'action pour les jeunes scolaires. Sur place, un mémorial a été édifié par l'artiste israélien DANI KARA VAN comme un parcours de réflexion sur "internement dans les camps de Vichy et son prolongement vers la déportation. Il comporte trois éléments :

-Une dalle de béton entourée de barbelés symbolise les camps de concentration et d'extermination nazis.

-La voie ferrée de 180rn de long symbolise la déportation.

-La charpente d'une baraque symbolise l'internement à GURS. Le cimetière du camp rassemble les 1 072 tombes des internés morts au camp entre 1939 et 1943. Il comporte deux stèles: au centre celle des juifs, à droite celle des Espagnols et des Brigadistes. La route centrale du camp qui s'étire sur 2km, relie l'entrée primitive et le cimetière du camp. La forêt occupe aujourd'hui l'espace où étaient internés les Gursiens.  

 

 J.L. et le S.D. de l'O.N.A.C.V.G. 64   

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Pour mieux comprendre GURS : Lire le livre de Claude LAHARIE " Le camp de Gurs (1939-1945) un aspect méconnu de l'histoire de Vichy

Un camp d'internement en Béarn, Préface : Robert Badinter, éd. Atlantica, Biarritz, 2005, (ISBN 2-84394-783-9)