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« Le bien-être du peuple a toujours été l'alibi des tyrans » - Albert Camus

Albert Camus (1913-1960)

Orphelin de guerre 14-18, il vit dans une famille très pauvre et sa mère sourde est quasiment analphabète. La famille vient habiter à Alger. Suivant les recommandations de son instituteur M. Germain, il poursuit ses études au lycée Bugeaud. Son oncle boucher, aide Camus en lui fournissant le gite, le couvert et une bibliothèque importante. Atteint par la tuberculose il ne peut passer l’agrégation de philosophie. Il se contentera donc de devenir écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, essayiste, nouvelliste et journaliste !

En 35 il adhère au PC et en démissionne avec fracas au bout de 2 ans. Il travaille pour payer ses études. En 38 il devient journaliste à Alger-Républicain. En 39 il est réformé à cause de ses graves ennuis de santé.

En 40, à Paris il travaille à « Paris-Soir ». En 42 il publie des articles dans la feuille clandestine des Résistants  « Combat » qui deviendra un journal à la libération. En 42 il publie « l’Etranger » et « Le mythe de Sisyphe » : ces livres, en partie censurés par l’occupant, deviennent des succès.

En 43 il est directeur de « Combat », il fait la connaissance de Jean-Paul Sartre politiquement du même bord, ils deviendront de vrais compagnons au cours de longues nuits consacrées au dieu Bacchus mais se fâcheront définitivement à cause de Simone de Beauvoir en 52. Il est aussi le rival de François Mauriac lui aussi orphelin de père très jeune. Ils se fâchent un moment à la Libération à cause des remous suscités par les peines de mort prononcées suite à l’Epuration dans le milieu littéraire.

Cependant Camus signe la demande de Grâce pour les écrivains collaborateurs Brasillach et Rebatet. François Mauriac sera un temps raillé par ses adversaires : « Saint François des assises »! Ils vont finalement se rabibocher. Plus tard lors d’une conférence privée chez des religieux, Camus déclarera « Sur le point précis de notre controverse, M. François Mauriac avait raison contre moi ».

Dès lors, ces deux écrivains, futurs prix Nobel et éditorialistes de talent vont exercer un véritable magistère sur la presse française après la Libération. Maintenant reconnu, Albert Camus peut suivre les commandements sacrés du poète espagnol Federico Garcia Lorca qu’il admire : « Je serai toujours du côté de ceux qui ont faim », surtout lorsqu’il s’agira de plaider pour l’avenir de l’Algérie très pauvre. Comme journaliste, ses prises de position, sa lutte permanente contre le régime dictatorial de Franco en Espagne se retrouvent dans de nombreux articles depuis l’Alger républicain en 1938, et dans des journaux comme Combat après la Libération.
De 45 à 60, date de sa mort accidentelle, il va de succès en succès. Il a été le seul homme de lettres du « Monde Libre » à protester contre l’utilisation de la bombe atomique au Japon : « Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques ».


En 57, il obtient le prix Nobel de littérature : «pour l’ensemble d’une œuvre qui met en lumière, avec un sérieux pénétrant, les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes ».


Originaire de l’Algérie, du pays du philosophe romain et berbère Augustin d’Hippone, il a affirmé « J'ai aimé avec passion cette terre où je suis né, j'y ai puisé tout ce que je suis et je n'ai séparé dans mon amitié aucun des hommes qui y vivent »… 

Aujourd’hui, Albert Camus reste depuis de nombreuses années l’écrivain français dont les livres sont les plus vendus dans le monde. Ses enfants refusèrent sa réception au Panthéon.
Camus vu par un théologien : «
 Vous n'avez pas la foi, vous n'avez pas le baptême,… mais permettez-moi de vous dire que vous n'avez besoin ni de l'une ni de l'autre, puisque vous avez la grâce ».    

Jacques Monbeig-Andrieu

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