Allocution prononcée par Yves DOURY

Orphelin de Guerre

Pupille de la Nation

Administrateur de l'ONACVG

à l'occasion du Colloque sur le centenaire des Pupilles de la Nation

le Vendredi 10 novembre 2017

Ecole Militaire

5, place Joffre

Amphithéâtre Foch

75007 PARIS

 

 

Madame la Directrice Générale,

Mesdames et Messieurs,
 

Merci, Madame la Directrice générale, de m'inviter à prendre la parole. Je suis effectivement orphelin de guerre, pupille de la Nation. A ce titre et de par mon engagement associatif, je siège (entre autres instances) au Conseil d'administration de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre. Mon propos sera donc lié, en partie, à ce mandat d'administrateur que j'ai l'honneur d'assumer.
 

Cent ans, après la création du statut de "pupille de la Nation", la douleur des enfants, victimes de la guerre, s'exprime toujours avec autant d'émotion. Ce manque, du père ou de la mère, disparu, demeure vif malgré les années et cette reconnaissance par la Nation, validée par un jugement du Tribunal civil, qui attribue depuis Juillet 1917 ce statut de pupille de la Nation, apporte, un sentiment de fierté d'être français et confère une dignité qui réconforte.

Ces dizaines d'années du siècle passé, ont laissé, issus des malheurs de la guerre, plus d'un million de "Fils et de Filles", orphelins, orphelines de guerre, pupilles de la Nation.

 

Au moment de la Première Guerre mondiale, l'émotion provoquée par cette situation des orphelins, amènera donc l'Etat à prendre en charge les conséquences humaines de ce conflit et rédigera cet acte de reconnaissance de la Nation, par une loi votée le 27 juillet 1917.

 

Dès lors, l'Office National des Pupilles de la Nation, assurera sa mission et deviendra en 1946, après divers regroupements, l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG) tel que nous le connaissons aujourd'hui. Sa devise, "Mémoire et Solidarité", résume, à elle seule, ses missions de reconnaissance, de soutien moral et de réparation, qui lui sont dévolues.

 

Au-delà de notre appartenance, comme ressortissants, à cet Etablissement public qu'est l'ONACVG, nous, Pupilles de la Nation, Victimes de Guerre, devenus des "témoins vivants", avons une place toute naturelle auprès des Anciens combattants, au sein de cette structure généraliste que représente le "Monde combattant", un "Monde combattant" très attaché à l'Office National.

 

A ces catégories énoncées, "Anciens combattants et Victimes de guerre", issues des conflits du siècle passé, se sont jointes les nouvelles générations du Feu, de celles et ceux engagés au service de la Nation et les victimes récentes d'attentats.

  

Au sein des instances que sont, d'une part, le Conseil d'administration de l'Office National, qui soutient sans réserve l'action conduite à l'égard des pupilles et, d'autre part, ses Conseils départementaux, dont les personnels reçoivent, étudient et présentent, en commissions, avec beaucoup de compétence, sollicitude et humanisme, les dossiers afférant aux aides et secours à attribuer aux pupilles, il est indéniable que ceux-ci font l'objet de toutes les attentions.

 

Nous apprécions cette efficacité, cette délicatesse envers les pupilles, tout en reconnaissant, bien évidemment, que la même approche est réservée aux dossiers pouvant toucher les autres ressortissants.

 

Dans cet esprit des actions de l'Etablissement public, il est bon de rappeler que le Monde combattant est très attaché à ses Services départementaux, carrefours privilégiés de rencontres entre les Anciens combattants et les Victimes de guerre et dont le souci, permanent, est celui de la proximité et de la qualité du service assuré dans le cadre des missions qui sont les leurs : Reconnaissance et réparation, Solidarité, transmission de la Mémoire et gestion de l'Œuvre Nationale du Bleuet de France, agissant en faveur de l'ensemble des Anciens combattants et des Victimes de guerre.

 

Héritiers de tout un patrimoine, fait de valeurs civiques et patriotiques, nous avons, nous, pupilles de la Nation, la responsabilité de témoigner et de manifester, expressément, notre attachement à ces valeurs. La Nation, tout entière, ne doit pas oublier et doit pouvoir en mesurer le prix, un prix fait de sang et de larmes.

 

Par des gestes commémoratifs répétés que nous accomplissons, nous témoignons, devant l'opinion publique, de notre attachement, indéfectible, à la mémoire de nos chers disparus.

 

Leur souvenir doit être vivant. La parenté spirituelle qui unit, depuis des décennies, leurs "Fils et leurs Filles", nous fait communier aux mêmes finalités morales et nous renforce dans notre action de témoignage, afin que soit transmis, aux générations successives, le flambeau du Souvenir et de la Reconnaissance.

 

oOo