Discours de clôture : Congrès de Paris septembre 2017

 

Bienvenue aux représentants du monde combattant et aux responsables politiques qui nous font l'honneur de participer à cette séance de clôture de notre congrès.

 

 

-Merci à tous les Congressistes qui malgré des conditions difficiles, ont fait l'effort de se déplacer.

 

-Merci à l'équipe parisienne qui a organisé ce congrès avec la participation de la fédération : Maurice Dauguet, Madame Hachemin–Parizet, M. Jean-Claude Due et aux responsables de l'école militaire qui nous font l'honneur de nous accueillir dans ces bâtiments prestigieux construits sous Louis XV et Ange Jacques Gabriel  comme architecte.

 

-Merci enfin aux Conseillers fédéraux qui m'ont reconduit à la tête de notre fédération pour la 12ème fois. Bienvenue à Michel Savatier de la Vienne qui vient d'être élu conseiller fédéral.

 

Hier vendredi c'était notre journée de travail.

 

–Jean-Claude Molvot d'Orléans, secrétaire général, a présenté le rapport d'activité.

–Paule Sudre de Paris, présidente adjointe, le rapport financier.

–Daniel Gabriel de Meurthe-et-Moselle l'action départementale et régionale.

–Lucette Casanova de l'Ille et Vilaine l'action sociale.

–Jacques Monbeig de l'Oise la communication informatique.

–Nicole Guillermin de l'Ain, la défense des droits.

–Mathilde Lorrain, le journal.

 

Qui sommes-nous ?

 

Vous le savez, vous qui êtes pour la plupart des professionnels du monde combattant, nous ne sommes pas une association d'anciens combattants...

nous serions en droit de le regretter.

 

Nous sommes la première Fédération d'orphelins de guerre et pupilles de la Nation ,« fils et filles de morts pour la France ».

Notre fédération a été créée en mai 1927, le 1er Congrès national a eu lieu en mars 1933 à Paris et en cette année 2017 nous célébrons le 90e anniversaire. Combien serons-nous pour fêter le centenaire ?

 

Pour préserver l'avenir, notre fédération, avec l'accord unanime du Conseil fédéral puis du Congrès, a signé une convention de partenariat avec le Président du Souvenir français Monsieur Serge Barcellini .

Au-delà des actions communes qui nous engagent ce partenariat est pour nous une garantie morale du devenir de notre fédération.

 

Vous venez d'entendre notre camarade Jean Desmarès, Président fédéral honoraire, qui avec son talent d'orateur, a su retracer pour vous les grandes pages de l'histoire de notre Mouvement.

 

Je rappellerai donc simplement que c'est en 1947 que, grâce au soutien de René Cassin,éminent juriste et l'un des auteurs de la Déclaration des droits de l'Homme, que notre Fédération a été reconnue d'utilité publique.

 

Être Fils ou Fille de « Morts pour la France », quel que soit le conflit, est un traumatisme indélébilement  gravé dans nos mémoires.Comme l'écrit Olivier Faron dans son livre paru en 2001 nous sommes « les enfants du deuil »  alors qu'il évoquait les 1 100 000 pupilles de la Nation et orphelins de guerre de la première guerre mondiale.

 

Pupilles de la Nation nous sommes à jamais marqués par ce deuil qui nous servira de fil conducteur durant toute notre vie. Personne ne peut comprendre ce traumatisme s'il ne l'a lui-même vécu.

Les victimes des attentats perpétrés dans  le monde peuvent  aujourd'hui en témoigner.

Voilà pourquoi, victimes de la guerre, nous sommes en droit de réclamer, au delà du temps passé, une juste réparation du préjudice subi.

 

Dès lors qu'en est-il pour nous Orphelins de guerre ?

 

Nous avons véritablement, jusqu'à ce jour, le sentiment d'être « les oubliés » du monde combattant pour ne pas dire, de façon plus brutale, « les bâtards » du monde combattant.

 

Sans doute sommes-nous soutenus par les grandes associations notamment l'Ufac, l'Union fédérale, Maginot, mais nous sommes noyés en leur sein et notre revendication de l'égalité de traitement entre tous les enfants de « morts pour la France » en application du décret du 27 juillet 2004 est pour l'instant restée vaine.

 

En 2003 une carte d'orphelin de guerre nous avait été attribuée mais elle n'a qu'une valeur symbolique puisque, contrairement à celle des anciens combattants elle ne nous reconnaît aucun droit.

 

 Voilà pourquoi, même si les circonstances ne sont guère favorables, nous souhaitons une extension du décret Raffarin de 2004  qui concerne uniquement les enfants dont le père a été victime de la « barbarie nazie ». Nous souhaitons que tous les enfants des « morts pour la France » puissent bénéficier de la même mesure et qu'ainsi il soit mis fin à une discrimination que nous dénonçons depuis le premier décret Jospin en l'an 2000.

 

À de nombreuses reprises nous avons obtenu le soutien de nos responsables politiques et de nos Présidents passés et actuel.

Le 13 juillet dans son allocution à l’Hôtel  de Brienne le Président Macron a placé les Pupilles de la Nation au cœur de ce moment de fête et de joie : « la reconnaissance de la nation est due à tous les combattants, elle est due également aux orphelins victimes indirectes des guerres et des attentats à qui l'État apporte sa protection. Le statut des Pupilles de la Nation date de 1917. J'aurai l'occasion  demain, à l'issue du défilé, de leur rendre hommage. 100 ans après, l'actualité nous en montre la pertinence. Comme vous, ils ont des droits sur nous » a-t-il déclaré.

 En réponse au message de l'Ufac le Président Macron répond le 28 avril 2017   « cette demande  s'inscrit pleinement dans le respect de l'égalité sur lequel est construit le droit à réparation ».

Nous n'en demandons pas plus.

 

En cette année  du centenaire de la création de l'Office national des pupilles de la Nation qu'a évoqué voici quelques instants Robert Perron, une importante manifestation aura lieu à Paris les 10 et 11 novembre 2017 regroupant environ 500 pupilles de la Nation venus des différents départements de France.

Ce sera l'occasion de rencontres et d'échanges entre les pupilles de tous les conflits. Aussi nous espérons que, au-delà de cette célébration, et après avoir été les premiers reconnus nous ne serons pas les derniers élus.

 

Pour reprendre la conclusion de mes précédents Congrès je redirai :

nous comptons sur vous les responsables des grandes associations du monde combattant, sur vous responsables politiques, sur vous Madame Rose Marie Antoine, représentante de notre Ministre, pour interpeller Madame Geneviève Darrieussecq  à qui nous avons adressé récemment un courrier. Que cet appel ne demeure pas une énième incantation.

 

Je vous remercie de votre attention  et de votre confiance.