Recueillement et clarté

 

Par Jean-Charles Lieffer – Président fédéral 

A l'occasion du 30· anniversaire de la Fédération, Jean-Ch. Kieffer évoqua sa première ren- contre avec «  les Fils des Tués » dans le journal de décembre 1957

«... Je me souviens de cette soirée du 11 novembre 1930 où, de passage à Paris, je pris pour la première fois contact avec nos camarades parisiens.

Rencontre fortuite sur les Champs-Elysées      où ils s'étaient groupés pour monter à la Veillée sous l'Arc de Triomphe. Je les avais reconnus à leur insigne, j'avais hésité, puis les avais abordés ; quelle chaleur immédiate dans leur accueil !

Ils tinrent à ce que je sois de ceux qui prennent la faction près de la tombe du Soldat Inconnu et j'ai partagé avec eux le poids du silence et de nos souvenirs écrasants tandis que, dans l’avenue triomphale, des milliers et des milliers de lumières semblaient monter comme des invocations vers l'arc qui apparaissait en ce soir de novembre, comme une arche d'ombre et de recueillement dans une clarté.
- Ombre et recueillement : nos peines et nos souvenirs.
- Clarté : notre espérance, notre foi dans l'avenir et notre fierté.
C'est tout cela qui fait, malgré nos caractères et nos appartenances, notre magnifique unité ».

Jean-Charles Kieffer, avocat au barreau de Nantes depuis le 30 juillet 1930, a donné le 21 octobre 1932 son adhésion à l'association des Fils des Tués, que présidait à l'époque notre camarade André Quaiton.

En 1945, persuadé que les Fils des Tués n'existaient plus dans la tourmente, il envisageait la création d'une association à Nantes pour grouper les jeunes orphelins de guerre lorsqu'il fut contacté par l'aumônier Jeanson et apprit que la Fédération était plus active que jamais. Abandonnant son projet, Jean-Charles Kieffer rallie Nantes l'importante association de Loire-Inférieure. Il entrera au conseil fédéral en 1948 et y restera pendant 30 années.
Ses compétences, sa haute valeur morale en feront un grand Président national de 1955 à 1961.

 
Sur le plan professionnel, il eut une brillante réussite; il fut élu par ses pairs Bâtonnier de l'ordre des avocats de Loire-Atlantique et Président de l'Union nationale des avocats.

En octobre 1970, il confiait le texte suivant au journal : Elle est nécessaire cette flamme sous l'Arc de Triomphe qui arrête parfois un passant au front soucieux et dur, pour provoquer
en lui un moment d'émotion. Mais cette flamme n'est qu'un symbole et nous ne saurions nous en remettre à elle du soin de maintenir le souvenir.

 

Il n'y a qu'une flamme valable : celle qui brûle au cœur de l'homme, vivifie sa volonté, fortifie son courage

et le guide vers les sommets où l'homme s’épanouit.