Le clairon de l’armistice

 

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Pierre Sellier est connu pour avoir été le soldat qui sonna au clairon le premier cessez-le-feu, le 7 novembre 1918 à La  Capelle dans l’Aisne.

En octobre 1913, Pierre Sellier est appelé sous les drapeaux pour effectuer son service militaire au sein du  171ème régiment d’Infanterie de Belfort,  remarqué par ses supérieurs en tant que très bon joueur de clairon  il est intégré à la musique du régiment. Le 7 novembre 1918 il fait toujours partie de ce régiment et plus précisément dans le bataillon du Capitaine Lhuillier dont l’unité tient le front  en avant de La Capelle.

Le matin de cette journée qui lui semble commune aux précédentes ainsi qu’à ses camarades, le Haut Commandement allemand manifeste au Maréchal Foch son intention  d’envoyer des plénipotentiaires pour négocier un armistice. Au soir vers 20 heures, lorsque la voiture, portant un drapeau blanc et debout sur le marchepied se trouve le trompette Arthur Zobrowski (sous-officier des Uhlans) se présente devant le poste du Capitaine Lhuillier à  Haudroy (à quelques kms de La Capelle) celui-ci ordonne au caporal Sellier de sonner le « cessez-le-feu », pour l’arrêt local des combats, dont la mélodie  se propage à l’ensemble des unités du secteur.

Le capitaine Lhuillier a ordre de mener la délégation allemande à La Capelle et il ouvre la marche à travers les positions de combat françaises et sur le marchepied de la voiture des plénipotentiaires, Pierre Sellier a remplacé Arthur Zobrowski et avec son clairon joue sur le parcours différents refrains militaires. A l’arrivée à La Capelle, la musique du 171ème R.I. prend le relais avec la Marseillaise.

Il faudra attendre le 11 novembre à 11 heures  pour que Pierre Sellier sonne l’armistice – parmi les premiers – qui sera ensuite répété sur tout le front.

Démobilisé  le 28 août 1929, Pierre Sellier bénéficie d’une grande popularité et obtient le titre de « clairon de l’armistice »  les américains lui proposent une tournée aux U.S.A. pour entonner la célèbre sonnerie lors des concerts mais il se refuse à abandonner la vie modeste menée avant la guerre.

En 1925, il fait don de son clairon au Musée des Invalides, suite à ce don, la maison d’instruments de musique « Couesnon » lui fait cadeau d’une réplique de son clairon. Ainsi, il peut continuer à sonner le « cessez-le-feu »  au cours des différentes cérémonies à travers toute la France. Jusqu’à sa mort, en 1949, Pierre Sellier est venu chaque année à Haudroy lors des commémorations du 11 novembre.

Hommage lui a été rendu : pour le 80ème anniversaire de ces événements, le club philatéliste de Beaucourt  dans Territoire de Belfort, son pays natal a édité une enveloppe portant son effigie. Le 7 novembre 2008, la ville de La Capelle a nommé son collège « Pierre Sellier ».

Mathilde Lorrain