Un exemple de répression massive et méconnue : Le Rabodeau

(Août-octobre 44), la vallée des larmes

Le Rabodeau est une petite rivière dans les Vosges. Ce massif montagneux représente en août 1944 le dernier rempart naturel avant le Rhin. C’est une position stratégique majeure pour les Allemands en repli.

Le 13 août 1944, les Britanniques parachutent 15 hommes, des armes et du matériel dans la région du Rabodeau. Les habitants et les résistants locaux (Groupe mobile Alsace-Vosges et 1er régiment de chasseurs vosgiens FFI) leur apportent de l’aide. Mais il faut attendre trois mois avant l’arrivée des alliés dans les Vosges… trois mois que les Allemands utilisent pour éradiquer la résistance et la population.

Dès le 17 août, une opération est lancée contre les commandos britanniques, le GMAV est le premier régiment des chasseurs vosgiens. Le 18 août, 52 habitants du village de Moussey sont arrêtés et envoyés au camp de sûreté de Vorbrück-Schirmeck. A l’exception de 8 d’entre eux, tous sont ensuite déportés.

Après de nouveaux parachutages britanniques, les 14,18 et 21 septembre, les Allemands répliquent par une extrême violence. Incapable de neutraliser les commandos, ils s’en prennent à la population locale.

Le 24 septembre, ils raflent 453 hommes dans six villages du Rabodeau : Moussey, Belval, La Petite Raon, le Puid, le Saulcy, le Vermont. Ils les torturent puis les déportent à Dachau le 9 octobre. 317 mourront dans les camps nazis. La répression s’achève les  5 et 6 octobre par la rafle et la déportation de 392 hommes de Vieux Moulin et de Senones. A ce terrible bilan s’ajoutent celui des maisons incendiées, des exécutions sommaires (notamment 39 commandos britanniques) et des 35 membres du GMAV assassinés au camp de Natzweiler juste avant son évacuation.

Au total, un millier d’hommes de la vallée du Rabodeau sont arrêtés et déportés entre août et octobre 1944, 700 ne reviendront pas  des camps nazis.

Sources ONACVG

 

Légende de la photo à venir

Cérémonie à Moussey en 1946 en hommage aux déportés du village.

Les enfants de primaire qui défilent sont au ¾ des orphelins.