Jean Lavignasse est le seul Président Fédéral à nous avoir brutalement quittés pendant son mandat.

 Nous lui rendons hommage au nom de tous nos adhérents dans ce journal mais qui mieux que son ami des Pyrénées Atlantiques, Daniel Labarry, pouvait nous parler de lui. Voici ce que ce "Fils de Tués", le frère de JEAN, a dit de lui lors de ses obsèques. Quel beau texte que ce message d'affection.

 

 

Jean mon ami

 

Tu as fini ta course,Tu aurais pu m’attendre pour finir ensemble comme  d’habitude.

Souviens-toi nous étions ensemble dans les années 40, dans la même galère ; nos mères, jeunes veuves essayaient de remplacer ce père Mort pour la France ; aidées par les bourses de l’ONAC, elles ont réussi à nous payer des études, à nous faire grandir malgré l’absence paternelle.

 

Nous pouvons leur dire merci
Et puis la vie nous a séparés

 

Tu es devenu enseignant, professeur d’Histoire, passeur de mémoires Que cette profession t’allait bien, passionné de vérité et de faits historiques. D'ailleurs l’Education Nationale l’a bien reconnu en faisant de toi un officier des Palmes Académiques.

 

Et nous sommes retrouvés pour rendre à l’ONAC ce que nous avions reçu.

Souviens-toi, dans les années 80 nous étions ensemble de nouveau au Conseil Départemental de l’ONAC ; nous nous sommes tout de suite engagés à fond à la Commission Historique pour la Paix ;Tu étais convaincu que chacun à sa place pouvait faire quelque chose pour informer les autres

Tu militais aussi pour le Concours de la Résistance et tu prenais en main l’Association des Fils de Tués du département pour la réveiller et lui redonner toute sa force.

 

C’est alors que je t’ai demandé de venir à l’UDAC pour y faire entendre ta voix, la voix des Pupilles ; c’est toi qui nous a demandé d’ajouter la mention Victimes de Guerre à l’UDAC et dès lors on n’avait pas intérêt à les oublier dans  les réunions de Salies.

Homme de tolérance toujours en recherche de consensus, tu y étais apprécié par tous. Ce n’est pas étonnant qu’à Paris, la Fédération des Fils de Tués ait fait appel à toi dans son Conseil national en 1979.

Tu étais déjà un peu perdu pour nous et encore plus quand tu es devenu en 2006 président National ; ces responsabilités nationales prennent du temps et nous éloignent de la maison ; je te l’ai souvent dit que j’admirais ta disponibilté, les voyages à Paris, les nuits à l’hôtel, les déplacements dans toute la France.

Ah !si tout le monde en faisait autant la vie associative serait plus facile.

Ton dévouement a été récompensé par le Mérite National la Croix de Chevalier que tu as voulu que je te remette au milieu des tiens à l’assemblée de Salies

Nous étions heureux autant l’un que l’autre, d’ailleurs le photographe a fixé ce moment.

 

Et puis il y a eu ce dernier déplacement ensemble le 11 novembre 2017 à Paris à l’invitation du Président de la République pour le centenaire de la création du statut des Pupilles de la Nation ; nous représentions les Pupilles du département.

Je te vois encore échangeant avec les présidents nationaux et les collégues de notre association.

Je te  vois à l’Arc de Triomphe sous la pluie et à la réception à l’Elysée sous les ors de la république avant de te faire courir et de t’essouffler pours prendre le train du retour.

 

Mais le mal était déjà là, faisant son œuvre, Tu as voulu

lutter comme d’habitude mais ton heure était venue, l’heure d’achever ta belle course, de recevoir ta récompense, de rencontrer pour la première fois ton père et de te reposer enfin dans la maison de notre Père. Tu n’as  plus besoin de croire comme nous, désormais tu vois et tu es vivant de la vraie vie dans la Vérité et dans l’Amour de Dieu.

 

Jacqueline et toute votre famille croyez qu’il n’est pas loin  il est juste de l’autre côté il nous regarde et veille sur nous.

 

Jean mon ami mon frère merci pour tout ce que tu as fait pour nous et tu peux continuer.

 

Au revoir quand notre Père le voudra.