1927 - 2017

90 années… et plus !

 

Collection Fédération - D.R.

Novembre 1947 – A l’Elysée Le Président de la République, Vincent Auriol, reçoit le Bleuet de France des mains des Orphelins de Guerre

 

L'aventure de notre mouvement un jour sera terminée. Ce sera bien et il nous faut le souhaiter car sinon, il faudrait une nouvelle et nombreuse  génération d'Orphelins de Guerre… que Dieu nous protège de cela !

Voilà notre avenir jusqu'au dernier d'entre nous.… Il faut savoir qu'avant la guerre de 39/45 nos anciens se posaient déjà la question de savoir ce que deviendrait notre Fédération Nationale. Puis le deuxième conflit mondial  rendit nécessaire l'existence de notre mouvement : aux 850.000 orphelins de guerre 14/18 s'ajouta les 250.000 jeunes orphelins de 39/45, sans oublier les autres (Indochine, Algérie…) heureusement bien moins nombreux.

 

Il faut vous dire que le chiffre "7" a marqué ma vie de militant dans notre mouvement… En effet, né en 1937 il y a 80 ans, c'est en octobre 1967 il y a 50 ans que j'écrivis mon premier article dans notre journal… et nous voici en 2017.

  

Alors, chers amis, à l'aube de cette année 2017, parlons de nous et de cet avenir qui se dessine dans un futur plus ou moins lointain !

 

Nous fêterons gravement cette année au Congrès National de Paris le 90ème anniversaire de la naissance des deux associations qui s'appelaient à l'époque "Les Fils des Tués" et les "Orphelins de Guerre de France" qui en s'unissant avec d'autres, devinrent la "Fédération Nationale des Fils des Morts pour la France", sous-titrée "Les Fils des Tués" !  

 

Evoquons avec un peu de nostalgie ce que sera le dernier jour du dernier mois de la dernière année du mouvement des "Fils et Filles des Tués".

 

Ce qui fut notre amitié, notre parenté spirituelle, cette volonté que nous avons encore de témoigner et de faire en quelque sorte vivre ainsi nos pères qui sont "Morts pour la France", hélas n'existera plus !

Il ne restera alors que le Souvenir pour ceux d'entre nous qui verront la fin de notre Fédération Nationale (Ce qui dans une France en Paix est inéluctable).

 

Ensuite, dans le tourment de l'Histoire de la France et du Monde  survivra peut-être la Mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour la défense de la Patrie avec une générosité et un courage qui nous dépasse et nous glace d'effroi. 

L'HISTOIRE de l'humanité a besoin de transcendance car la vie est à monter et non pas à descendre… et les civilisations peuvent mourir quand les hommes négligent le Passé !

 

 

 

Sans ignorer les heures sombres de cette Histoire, c'est dans ce creuset millénaire que se sont fondées les plus belles idées qui ont éclairé le monde et qui souvent sont venues de notre France éternelle.

 

Qui se souviendra un jour de ce que nous avons vécu au sein de nos associations et de la Fédération ?

Nous avons si souvent communié dans le Souvenir devant les monuments aux morts où sont gravés les noms de nos Pères… rappelons nous le poids dans notre coeur de toutes les minutes de silence que nous avons respectées lors de nos réunions et de nos Congrès… souvenons-nous de nos actions, de celles de nos amis disparus, pour faire vivre ce qui fut notre aventure partagée.

 

Oui, qui se souviendra que nous voulions jeter des passerelles entre l'Histoire de la France si riche du passé et notre devenir, cet avenir de Paix que nous espérons tant ; pas facile, chers amis, de passer ce message dans le quotidien qui est si souvent devenu la règle en ces temps nouveaux !

 

Nous n'acceptons pas une certaine vision de l'Histoire, en particulier cette repentance qui se manifeste actuellement… car il n'est pas convenable de juger du passé avec les moeurs d'aujourd'hui !

C'est vrai que l'Histoire du monde a été pleine de fureur et qu'il y a eu des jours sombres, si sombres, que c'était à désespérer de l'humanité !

C'est vrai qu'il y a actuellement, au moment où j'écris ces lignes, tant et tant de morts, tant de veuves et tant d'innocents enfants victimes des guerres ou du terrorisme !

Mais il y a par ailleurs tant et tant de belles réalisations, de belles pensées, de beaux gestes… et tant de générosité dans l'âme humaine qu'il nous faut croire en l'avenir !

Nos familles ont été mutilées par la guerre mais elles sont vivantes et nous regardons avec joie notre jeunesse qui relèvera à nouveau le défit de la vie.

 

En cette année 2017 qui s'ouvre n'oublions pas que nous sommes les héritiers  de ceux qui sont morts pour que vive la France mais également les héritiers de tous nos amis disparus - dirigeants ou simples militants - qui ont été pendant ces 90 années, pendant un moment la réalité de notre grand mouvement.

Ils sont, les uns et les autres à jamais gravés dans nos coeurs ! 

Nous devons à ces amis, à tous, de poursuivre notre témoignage et d'être la voix de ceux qui un jour ont donné leur vie pour la Patrie.

 

Oui, rien de ce que nous avons fait depuis 90 ans n'a été inutile… nous avons été et restons des aventuriers de la mémoire.

 

Jean Desmarès

Rédacteur en chef adjoint

Président honoraire de la Fédération Nationale